MAIS LES SUPERALIMENTS, ILS VIENNENT DE LOIN !?

Nous sommes de plus en plus nombreux à concevoir l’impact global occasionné par nos choix en matière de consommation, particulièrement dans le domaine de l’alimentation.

Une réflexion à propos des circuits de distribution nous amène à privilégier la consommation de produits frais, saisonniers et locaux. En effet, ces aliments nous permettent d’être en phase avec notre environnement proche, d’apporter à notre corps des « informations nutritionnelles » adaptées aux régions et aux climats dans et sous lesquels nous vivons. Nos assiettes idéales seraient constituées d’une part importante « d’ici et maintenant », je veux dire de produits frais provenant de circuits courts. Le développement d’un tel mode de consommation aurait pour conséquence de rapprocher les zones de cultures des lieux d’habitations. Déjà aujourd’hui des fermes et des potagers urbains sont en voie d’apparition…Les perspectives économiques, sociales, écologiques qu’offre une telle évolution sont enthousiasmantes.

La consommation massive d’aliments frais lointains est donc légitimement à remettre en question. Devant parvenir rapidement au consommateur, ils sont, pour la plupart, expédiés par avion dans des conteneurs parfois réfrigérés. Ce type de transport posant de sérieux problèmes écologiques devrait être utilisé le moins possible, réduire au maximum la consommation de produits frais venus d’autres continents s’impose donc aujourd’hui.

Les aliments séchés, cultivés et transformés naturellement, pouvant voyager lentement d’un point éloigné à un autre, peuvent s’ils sont intéressants sur les plans gustatifs, nutritionnels être considérés différemment.

UN COMMERCE INTELLIGENT & LIENS CULTURELS

Credit : @SolSemilla – On travaille aux champs – Pérou 2017

Tout au long de l’histoire du monde, des échanges ont eu lieu entre les peuples. Épices, fruits séchés, herbes, céréales et autres aliments secs ont voyagé sur des distances de plus en plus lointaines.

Au-delà des saveurs, couleurs et nutriments apportés, ces échanges ont permis à différentes cultures de tisser des liens, transmettre des récits, partager des connaissances.

Credit : @Sol Semilla – Champs d’aguaymanto récolte (mai 2017)

Ce besoin d’aller vers l’autre, s’est exprimé de façons plus ou moins harmonieuses selon les époques et les contrées. Le pillage des ressources, la mise en esclavage des peuples autochtones par leurs conquérants, la quasi-destruction de cultures millénaires ont souvent prédominé et laissé des traces qui marquent encore notre actualité. La conquête des Amériques par les européens- qui selon certains marque les débuts de la mondialisation- en est une des plus fortes illustrations.

Cependant aujourd’hui les moyens, les connaissances et la conscience dont nous disposons nous permettent de concevoir et de pratiquer d’autres façons de commercer. Nous pouvons nous affranchir de modèles hérités du passé.

Les superaliments offerts par ces terres généreuses peuvent accompagner cette évolution vers une alimentation mondiale et des échanges économiques épanouissants. C’est dans cette optique que nous nous sommes investis dans le commerce de superaliments lointains.

PRESERVATION DE LA BIODIVERSITE

Ce commerce contribue également à la préservation du patrimoine botanique Amazonien et Andin.

En effet, nous demandons à nos producteurs de prendre le plus grand soin d’espèces botaniques devenues rares et oubliées amenées à disparaitre au profit de plantations dites plus rentables. Ces superaliments (Griffe du chat, sirop de Yacon, …) constituent des trésors botaniques qu’il convient de protéger. Les herboristes ou aficionados des plantes que nous avons rencontrés au Pérou nous l’ont tous confirmé, ces plantes (fruits, racines, liane, herbes, fleurs…) sont de plus en plus difficiles à trouver la plupart étant décimées par les pesticides ou désherbées par l’homme pensant qu’il s’agit de mauvaises herbes sans intérêt.

De moins en moins connues même au sein de la population locale qui matraqué par les produits transformés (nourritures, médicaments) se détourne de la culture et/ou récolte de ces produits et de son patrimoine botanique pourtant si riche.

Credit @Sol Semilla – Griffe du chat – voyage Septembre 2019

LOCAVORISME, L’UNIQUE SOLUTION ?

Loin d’être en opposition avec l’émergence du mouvement « locavore » s’affirmant aujourd’hui, le commerce dont nous parlons accompagne cette philosophie. Les superaliments importés par Sol Semilla peuvent voyager lentement, ils ne sont pas destinés à fournir une part importante de l’alimentation quotidienne en Europe. Au-delà de l’intérêt nutritionnel, gustatif et culturel que leur commerce représente, il peut aussi être considéré comme un exemple à suivre pour l’orientation future de notre monde concernant les échanges lointains.

Nous estimons que consommer des fruits exotiques frais est un luxe qui a un réel impact négatif sur le climat. Nous considérons que les fruits tels que l’ananas, la mangue, la noix de coco, les avocats ou encore les bananes devraient être cueillis à maturité, déshydratés à basse température (ils sont plus légers sans leur eau) et transportés par bateaux (les plus propres possibles) afin de réduire les voyages aériens de produits parfois encore verts qui n’ont pas eu le temps de se gorger de tous leurs nutriments.

Dans notre restaurant/boutique parisien, lieu de découverte et de créativité, nous réduisons notre impact en privilégiant l’utilisation de produits frais locaux, biologiques et de saison.

Nous incorporons dans nos plats et desserts les superaliments avec parcimonie et goût en respectant avec précaution les produits et leurs qualités nutritionnelles.

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