Sport & Superaliments : Entretien avec le Triathlète Arthur Serrières

1. Peux-tu nous parler de ton parcours et de ton rythme d’entraînement ?

 
J’ai commencé le sport assez jeune par le vtt. Je me suis tourné vers le triathlon vers 16ans, je ne sais toujours pas pourquoi. Avec mon passé de vetetiste j’ai rapidement trouvé énormément de plaisir à pratiquer le Xterra, ou Cross triathlon, qui est la version nature du triathlon (natation/vtt/trail). A l’heure actuelle, je suis champion d’Europe et vice champion du monde de la discipline. Si on m’avait dit ça quand j’ai débuté !
À quoi ressemble une semaine sportive pour toi ?
C’est un métier à plein temps. Je m’entraine 30 à 35h semaine. Il faut ajouter les soins kiné, et tous les à côté en plus. Tous les matins je suis dans l’eau à 7h et je finis souvent tard le soir ! Mais j’adore ça. De toute manière, si tu n’aimes pas ce que tu fais, tu ne peux pas le faire bien.


2. Quelles épreuves prépares-tu ? 


Je prépare encore les deux championnats du monde : cross triathlon (fédération public) et Xterra (fédération privée). Je voulais me lancer sur half ironman (1.9km de natation/90km de vélo de route/21km a pied). Tout est chaotique, et pour le moment les 2 championnats du monde ne sont pas annulés. Je m’oriente aussi sur l’embrunman: épreuve longue distance mythique mi aout. 


3. Selon toi, quelle est la définition de ‘superaliment’ ?


C’est pour moi un produit aux propriétés nutritionnelles exceptionnelles, voire médicinales.


4. Quel régime alimentaire suis-tu en ce moment ? Depuis combien de temps as-tu inclus les superaliments à ton régime ? 


Je fais très attention avant mes courses où j’ai un régime sans gluten, lactose, sans sucre ajouté ou produits raffinés. Tout le reste du temps je ne mange pas de lactose, pas de viande et je fais attention, tout en me faisant plaisir assez souvent et quand j’en ressens le besoin. J’essaie de manger de saison et bio au maximum. 


5. As-tu vu une nette amélioration ? si oui à quel(s) niveau(x)? Le triathlon étant une pratique pluridisciplinaire, remarques-tu une amélioration accrue de tes performances en natation, course à pieds ou en cyclisme ? 


J’ai perdu du poids et je continue d’en perdre. Je maintiens un taux de masse grasse extrêmement faible (6%) sans blessure, maladie et en restant performant. C’est formidable car le poids joue un rôle dans la performance. J’ai perdu un peu de masse musculaire aussi mais c’est lié à mon sport qui est considéré comme un sport d’endurance. Je me sens bien, énergique et je n’ai aucun déséquilibre alimentaire (j’avais beaucoup de carence en fer avant). J’ai progressé dans tous les sports 😊


6. Pendant une épreuve, de quoi est faite ta collation, y inclus tu des superaliments spécifiques ? 


Sur une compétition, je n’inclue des superaliments qu’avant la course lors de mon dernier repas, ou en récupération. La prise alimentaire durant l’épreuve est une chose complexe, et je ne pense pas pouvoir assimiler les bienfaits de superaliments durant l’effort. Elle se résume en gros à de la boisson spécifique et des gels ou barres dédiées à la compétition. J’aimerais beaucoup trouver des produits qui arrivent à faire le lien entre cette nutrition spécifique et l’ajout de superaliments qui peuvent aider à la performance. 


7. Que recherches tu dans un superaliment (améliorer ta performance globale , ton endurance, oxygénation, ta masse et/ou détente musculaire ?)

 
Je recherche des atouts sur la récupération et l’assimilation de ce que je fais à l’entrainement. Cela passe par de la vascularisation, de la prise ou baisse de masse musculaire par exemple. Bien sûr, toujours dans un but d’amélioration de la performance.


8. Quel régime te paraît idéal et adapté à la pratique sportive intense ? quel(s) superaliment(s) recommandes-tu pour la récupération ?


Il faut manger local, de saison, bio si possible. Se faire plaisir et ne pas se restreindre. Manger beaucoup de fruits et de légumes. Avec de nombreuses heures d’entrainement, il est important de s’assurer qu’on apporte tous les nutriments nécessaires à notre corps, ce qui est complexe.
Pour la récupération j’adore manger du Nopal, il permet de récupérer au niveau nerveux.


9. Si tu devais en choisir qu’un superaliment, ce serait lequel ?


L’acérola, j’en rajoute dans toutes mes salades de fruits !

Éloge de l’amertume

Écrit par Andréa Marcelli, Gérant de Sol Semilla

Pourquoi la plupart de nous voue t-il une répulsion naturelle à l’amertume ? Pourquoi à la moindre trace d’amertume d’un aliment, notre visage se tord-il en grimaces?

Une inimitié d’ailleurs exploitée par l’industrie agro-alimentaire qui façonne depuis des décennies nos palais en les orientant toujours davantage vers les périmètres inoffensifs du sucré et du salé.

Pourtant l’amertume (ainsi que l’acidité), peut ouvrir des mondes et procurer des plaisirs insoupçonnés, à condition d’être curieux et d’affuter ses papilles. Il se peut en effet que notre aversion à l’amer soit culturelle. Il ne nous reste par conséquent qu’à rééduquer nos palais !

Étant italien, j’ai peut être un goût naturel pour l’amer. En Italie, l’amertume est joyeuse et sociale. Dès leur plus jeune âge, les italiens se familiarisent avec cet horizon gustatif, le rencontrant presqu’à chaque repas.  En commençant par le café ristretto le matin, puis dans des dizaines de salades – roquette, bieta, cicoria, radicchio, puntarelle, carciofi etc… où l’amertume est omniprésente, subtile et jouissive.

Mais aussi dans les fameux apéritifs italiens, -qui ne connaît pas le Spritz ou le Campari – et surtout dans les digestifs appelés tout simplement amari dont l’amertume puissante est à peine civilisée par le sucre.

J’adore les variations subtiles de la sensation amère, s’activant selon les aliments et les recettes, tout à la fois euphorique, électrisante, déstabilisante, rafraichissante.  

Le goût pour l’amer, naturel donc chez moi, s’est réactivé puissamment avec la découverte de certains aliments provenant du fascinant patrimoine botanique d’Amazonie.

La griffe du chat par exemple, cette liane bienfaisante à l’amertume brute et sans concession.  Ce puissant adaptogène, utilisé depuis deux millénaires par les Amérindiens, intéresse aujourd’hui la communauté scientifique pour ses multiples bienfaits. Son amertume est puissante et pourrait en principe désorienter le gouteur. Mais cette une plante dont le goût s’apprivoise, finit par produire un plaisir presque envoutant.

C’est également le cas de la fève de cacao cru, dont l’amertume est tout simplement délicieuse. Les fèves de cacao ont tellement de bienfaits qu’une seule page ne suffirait pas pour tous les décrire. On la baptise même « nourriture des dieux ».    

A Sol Semilla, nous l’importons justement non torréfiée, mais séchée à basse température, non seulement pour préserver ses multiples qualités nutritionnelles mais aussi pour son goût : une fine amertume subtilement florale, parfois fumée selon les fèves.

Ces produits nous parlent aussi de l’incroyable variété botanique amazonienne, dont l’enjeu de sa préservation ne se limite pas à la ressource phytogénétique, mais s’étend au patrimoine culturel associé.   

Issus de la biodiversité et de l’ingéniosité des peuples anciens qui surent les acclimater et les transmettre, ces superaliments nous arrivent à la fois comme le témoignage d’une entente entre l’homme et la nature mais aussi comme la chance de pouvoir voyager à travers des saveurs nouvelles et intenses.  

Décoction de Griffe du chat – jus de gingembre – thym – citron – curcuma